Charges salariales

Les indemnités de licenciement et de fin de service

7 septembre 2026

1. De quoi parle-t-on

Deux indemnités distinctes sont ici traitées ensemble, parce qu'elles obéissent au même régime fiscal.

L'indemnitéCe qu'elle compense
L'indemnité de licenciementLa rupture du contrat à l'initiative de l'employeur
L'indemnité de fin de serviceLes années de service accomplies au terme de la relation de travail

Une précision de vocabulaire propre au Mali. Ce que l'on désigne couramment comme « indemnité de fin de service » apparaît dans la législation malienne sous l'appellation « indemnité de services rendus ».

Il s'agit de la même chose. Retenir les deux formulations évite de chercher dans les textes un intitulé qui n'y figure pas.

2. Le principe : une exonération plafonnée

Ces indemnités sont exonérées du fisc, dans la limite des montants fixés par le Code du travail.

La règle combine deux éléments qu'il faut lire ensemble :

L'élémentCe qu'il signifie
Une exonérationCes sommes échappent à l'impôt
Dans la limite des montants fixés par le Code du travailL'exonération s'arrête là où s'arrête le barème légal

Ce que le renvoi au Code du travail implique

C'est le point à comprendre : le texte fiscal ne fixe aucun montant. Il renvoie au Code du travail.

Autrement dit, le barème social devient la limite fiscale. Ce que le Code du travail impose à l'employeur de verser est ce que l'administration fiscale accepte d'exonérer.

La logique de ce mécanisme. L'indemnité légale ne rémunère pas un travail : elle répare la perte de l'emploi. Il serait incohérent de taxer comme un revenu ce que la loi impose de verser en réparation.

Mais l'exonération suit exactement le périmètre de cette réparation. Au-delà du montant légal, la somme cesse d'être une réparation imposée : elle devient un versement décidé par l'employeur, et rien ne justifie plus qu'elle échappe à l'impôt.

3. La conséquence pratique : le cas du départ négocié

C'est là que la règle produit son effet le plus concret.

La situationLe traitement
L'employeur verse le montant légalExonéré en totalité
L'employeur verse plus que le montant légal : rupture à l'amiable, départ négocié, accord transactionnelExonéré jusqu'au plafond légal ; la fraction excédentaire perd le bénéfice de l'exonération

Un point souvent découvert trop tard. Les ruptures négociées prévoient fréquemment des conditions plus favorables que le licenciement légal, c'est ce qui les rend acceptables pour le salarié.

La part supplémentaire ne bénéficie pas de la même exonération. Négocier un montant global sans avoir vérifié où passe le plafond expose donc à une mauvaise surprise : le salarié perçoit moins qu'il ne l'avait compris, ou l'entreprise supporte un coût qu'elle n'avait pas anticipé.

La bonne pratique : calculer d'abord le montant légal, puis raisonner l'écart en connaissance de cause.

4. Comment déterminer le plafond

Le montant exonéré ne se lit pas dans un texte fiscal : il se calcule à partir du Code du travail.

La démarche
1.Identifier l'indemnité concernée : licenciement, ou services rendus
2.Appliquer le barème du Code du travail correspondant à la situation du salarié
3.Le montant ainsi obtenu constitue la limite de l'exonération
4.Toute somme versée au-delà suit le régime de droit commun

L'essentiel en 5 points

  1. Les indemnités de licenciement et de fin de service sont exonérées du fisc.
  2. Dans la législation malienne, l'indemnité de fin de service est désignée sous l'appellation « indemnité de services rendus ».
  3. L'exonération est plafonnée : elle s'arrête aux montants fixés par le Code du travail.
  4. Le texte fiscal ne fixe aucun barème, c'est le barème social qui devient la limite fiscale.
  5. Dans un départ négocié, la part versée au-delà du montant légal ne bénéficie pas de l'exonération : le calcul doit précéder la négociation.