Droit du travail

Contrat à durée indéterminée (CDI) au Mali

25 septembre 2026

Le contrat à durée indéterminée organise une relation de travail sans date de fin fixée à l'avance. Ce n'est pas un contrat parmi d'autres : c'est le contrat de référence du droit malien. Le Code du travail pose en effet que tout contrat qui n'entre pas dans une catégorie particulière : telles qu'un contrat d'apprentissage, de qualification, d'essai est d'une durée indéterminée.

Autrement dit, le CDI ne se justifie pas : c'est l'absence de CDI qui se justifie. Code du travail, article L.19.

1. Le CDI doit-il être écrit ?

En principe, non. Le contrat de travail peut être verbal, et son existence se prouve par tous moyens : bulletins de paie, virements, plannings, échanges écrits, témoignages.

Certaines situations imposent toutefois l'écrit, notamment les contrats nécessitant le déplacement du travailleur et les contrats de travailleurs étrangers, soumis au visa de la Direction nationale du travail. Code du travail, articles L.15 et L.26.

Cela dit, l'absence d'obligation ne fait pas une bonne pratique. Sans écrit, chaque désaccord ultérieur se règle par la preuve, et c'est le plus souvent l'employeur qui doit produire celle-ci.

2. Que doit contenir un contrat écrit ?

Le Code ne fixe pas de liste type pour le CDI. En pratique, un contrat utile précise :

MentionPourquoi elle évite un litige
Le poste et les missionsPermet plus tard de distinguer une évolution normale d'un changement de poste
La catégorie professionnelleDétermine le préavis, l'essai et souvent la grille salariale
La rémunération et ses composantesDistingue le salaire de base des primes, qui n'ont pas le même régime
Le lieu de travailUn déplacement du lieu peut constituer une modification substantielle
Les horaires et la durée du travailBase du calcul des heures supplémentaires
La convention collective applicableRenvoie au socle qui complète le contrat
Les clauses particulièresEssai, non-concurrence, confidentialité

3. La période d'essai

Elle n'est jamais automatique. L'engagement à l'essai doit être expressément stipulé par écrit, et l'écrit doit mentionner l'emploi, la catégorie professionnelle et la durée de l'essai.

Sa durée est en principe égale à celle du préavis applicable à la catégorie du travailleur. Elle peut être plus longue, mais dans la limite de six mois, renouvellement compris.

Un point souvent mal compris : l'essai n'est pas une pré-embauche. Le travail commence dès la prise de poste, avec salaire, cotisations et protection. L'essai est une phase du contrat, pas une antichambre. Loi n°2017-021, article L.30 nouveau.

4. La clause de non-concurrence

Le principe posé par le Code est celui de la nullité : toute clause interdisant au travailleur d'exercer une activité après l'expiration du contrat est nulle.

Une seule exception est admise, et elle est étroitement bornée :

ConditionLimite fixée par le Code
Cas d'ouvertureRupture du contrat du fait du travailleur, ou licenciement pour faute lourde
DuréeSix mois au maximum
Périmètre géographiqueRayon de 15 kilomètres autour du lieu d'emploi
ObjetUne activité de nature à concurrencer l'employeur

Une clause qui dépasse l'un de ces bornages retombe dans le principe de nullité. Une interdiction générale de travailler, une durée de deux ans ou un périmètre national ne sont pas des clauses négociables : elles sont nulles. Code du travail, article L.17.

5. Comment met-on fin à un CDI ?

Trois voies, aux régimes distincts :

VoieÀ l'initiative deCe qu'elle suppose
DémissionLe travailleurUne notification, et le respect du préavis
LicenciementL'employeurUn motif légitime, une procédure, et l'information de l'inspecteur du travail
Rupture conventionnelleLes deux, d'un commun accordUn protocole écrit, sans préavis, avec une indemnité au moins égale à l'indemnité légale de licenciement

En cas de contestation d'un licenciement, c'est à l'employeur d'apporter la preuve de l'existence d'un motif légitime. Cette règle commande toute la pratique : le motif se documente avant la décision. Sur le détail des sommes dues, voir CDI : droits de rupture. Code du travail, articles L.40 et L.51 ; Loi n°2017-021, article L.50 bis.

6. Que devient le CDI si l'entreprise change de mains ?

Il survit. En cas de modification dans la situation juridique de l'employeur : succession, vente, fusion, mise en société, transformation du fonds, tous les contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel entrepreneur et le personnel.

Le repreneur hérite donc des contrats, de l'ancienneté et des droits acquis. Il ne peut pas repartir d'une page blanche en faisant signer de nouveaux contrats. Code du travail, article L.57.

À retenir

La règleCe qu'elle implique
Le CDI est le contrat de droit communIl n'a pas à être justifié ; c'est le CDD qui l'est
L'écrit n'est pas toujours obligatoireMais il est ce qui permet de prouver ce qui a été convenu
L'essai doit être écritSix mois au maximum, renouvellement compris
La non-concurrence est nulle par principeSauf six mois, dans un rayon de 15 km, et dans deux cas seulement
La rupture obéit à trois régimes distinctsDémission, licenciement, rupture conventionnelle
Le contrat survit au changement d'employeurLe repreneur reprend les contrats en l'état